Plus j'avance dans ma pratique de l'accompagnement, plus je vais vers ma véritable Voie, ma nature : la Créativité !
Pour moi, l'accompagnement est un art où la créativité, la spontanéité ont leur place !
C'est également ce chemin que je souhaite partager avec vous, mes lecteurs !

Contes et histoires

META-MORPHOSE

Un groupe de langoustes marchent ensemble sur les fonds marins sablonneux, caillouteux par endroit, jonché de coraux aux couleurs magnifiques. En tête de cortège, une langouste plus grosse que les autres. Elle s’est imposée il y a plusieurs saisons déjà. Elle a conduit la troupe vers des eaux plus généreuses en nourriture. C’est son expérience, sa puissance et ses antennes plus longues que celles des autres qui lui ont permis d’être à la tête de ce banc.
La troupe marche au pas, suivant les recommandations de leur chef Bardo1 : 

 - Attention, rochers à gauche, pieuvre cachée à droite etc…
Grâce à lui, le groupe évite tous les obstacles, tous les prédateurs. Ils sont plus forts et osent s’aventurer toujours plus loin dans les fonds marins. Bardo est heureux et fier de conduire une telle équipe et il sait surtout que c’est grâce à lui, à son savoir, à sa connaissance, à son expérience et à sa forte carapace ! Il en impose, et il le sait !
Aucune autre langouste n’oserait le défier, le contredire ou s’opposer à lui. Il se ferait aussitôt évincer du groupe. Livré à lui-même, se serait la mort assurée ! Il se sent donc respecté et craint à la fois.
Tout absorbé par sa réflexion, sa vigilance baisse quelque peu alors qu’un nuage de poussière les rattrape à vive allure. Lorsqu’il s’en rend compte, il est déjà trop tard, une grande partie de son groupe a été emportée dans le filet qu’un bateau de pêche fait traîner sur les fonds marins afin de récolter une plus grosse quantité de poissons, de crustacés etc.
 - Cachez-vous, protégez-vous le long des massifs coralliens, ou des récifs à gauche….. s’écrit Bardo aux langoustes qui ont survécu et il part se cacher lui aussi.

Ne se souciant pas plus de ces congénères que cela, il se dissimule derrière un gros récif, ou en tout cas le croyait-il ! Tout à coup, aveuglé par un gros nuage de poussière, il sent que tout bouge autour de lui. Le récif, qui n’est autre qu’une pieuvre, essaie vainement d’échapper aux mailles du filet. Bardo recule vivement, surpris mais bien décidé à ne pas se laisser attraper. Malheureusement, il n’est pas assez rapide, sa tête et sa première paire de pattes sont emportées par le filet dévoreur.
N’écoutant que son instinct de survie, il se débat de toutes ses forces et fini par tomber tandis que le filet est en train de remonter. La chute est brutale, d’autant plus qu’il tombe sur un rocher. Assommé, Bardo perd connaissance et tombe au fond de l’océan sur le sable.
Reprenant ses esprits, il sent une vive douleur le long de sa queue. Après avoir inspecté sa carapace, il fait son propre diagnostic : la carapace est définitivement fendue, il ne peut rester à l’intérieur sous peine de souffrir encore plus.
Le choix est donc fait de sortir de sa carapace brisée. Il sait que c’est un gros risque ; il ne sera plus protégé. Il lui faut trouver rapidement une grotte pour s’abriter, se préserver le temps nécessaire à la reconstitution de sa carapace.
Il se met donc en chemin, hésitant et apeuré, pour trouver son abri, son refuge de fortune. Cependant, les fonds ayant été dévastés par le filet de pêche, plus aucun abri de s’offre à lui à l’horizon. Désespéré, mais déterminé à survivre, il continue sa route, à l’affût du moindre bruit, du moindre mouvement qui pourrait lui être fatal.

"Il m’est impossible de vivre, de survivre sans ma carapace dans ce milieu qui m’est déjà hostile et l’est encore plus maintenant. Il me faut absolument trouver une protection pour arriver jusqu’à un refuge", se dit-il abattu, éprouvé. "N’y a t il qu’un désert autour de moi, aucun être vivant qui pourrait m’aider à trouver asile ?"

Perdu dans ses pensées mélancoliques, il ne voit pas qu’un poisson vient à sa rencontre.

- Bonjour ! Qui es-tu ? Es-tu à la recherche de quelque chose ? As-tu besoin d’aide ?
Sortant de sa torpeur, Bardo lève la tête, intrigué, curieux mais également incertain et quelque peu effrayé. Il voit un poisson nageant au-dessus de lui. Oh, ce poisson n’a rien d’effrayant, il n’est pas trop gros, il a de belles rayures de couleurs jaunes, bleues, noires et blanches. Il décide donc de lui répondre et de voir s’il est digne de confiance. En même temps, il sait qu’il n’a pas vraiment d’autres options pour le moment
.

- Je m’appelle Bardo, je suis une langouste à la recherche d’un abri, d’une cachette. Comme tu peux le voir, j’ai perdu ma carapace. Pourrais-tu m’aider à trouver un refuge ?
- Je crois savoir où tu peux trouver ta protection. Es-tu prêt à me suivre, à me faire confiance tout au long de notre parcours ensemble ?
lui demande le poisson multicolore.

Hésitant, Bardo réfléchit un court instant, qu’a-t-il à perdre à suivre ce poisson, rien et puis à 2 on est plus forts que seul. C’est donc décidé, il va le suivre.

- Je suis prêt à te suivre. Mais dis-moi, pourquoi fais-tu cela pour moi ? demande la langouste.
- Parce que tu as demandé de l’aide et que je suis un Poisson-Ange, mis sur ton chemin pour t’accompagner dans ta méta-morphose, lui répond à son tour le Poisson-Ange.
- Une métamorphose ?! Qu’est-ce que cela veut dire ? Demande choqué Bardo.
- Une META-MORPHOSE en 2 mots. Méta du grec « méta » qui veut dire « au milieu », « à la suite », « changement » et du grec (aussi) « morphé » qui signifie « la forme ». Tu ne crois pas que c’est ce que tu es en train de vivre : un changement de forme ? l’interpelle Poisson-Ange.
- Effectivement, vu sous cet angle, je suis en pleine « Méta-morphose », comme tu dis Poisson-Ange, lui répond du bout des lèvres Bardo, perplexe.
- Bien, et comment te sens-tu maintenant ? Questionne Poisson-Ange un tant soit peu provocateur….
- Comment veux-tu que je me sente, j’ai perdu ma carapace, ce qui me protège, ce qui fait ma force ! Comment je me sens ? Devine, je me sens fragile, ridicule, vulnérable….

La colère laisse la place aux larmes, larmes d’impuissance, de désespoir, de souffrance de la langouste.

- Regarde toi, tu n’as pas de souci, tu nages, tu n’as pas besoin de carapace, tu es léger… même si tu te fais attaquer, tu peux te cacher avec rapidité et agilité…. Et puis, d’ailleurs, comment pourrais-tu m’aider, hein, tu peux me le dire, toi qui a l’air de tout savoir ?! Questionne agressivement la langouste.
- Toi seul peux décider si je peux t’aider ! lui répond le Poisson-Ange avec beaucoup de chaleur dans la voix. Vois-tu, je suis un Poisson-Ange ! Un Ange-gardien en quelque sorte, venu pour veiller, protéger et aider les âmes qui le demandent. Tu as besoin d’une aide pour trouver un refuge, je t’offre mon aide pour cela ! Que ressens-tu en ce moment ?- Je ressens de la colère, je suis presque jaloux de toi, je me sens vulnérable, misérable… prend conscience Bardo.
- Je comprends ta colère, elle est dûe à tous ces changements que tu vis. Tu vois, je pourrais te dire que ta position de vie en cet instant est plutôt négative, lui explique avec bienveillance le Poisson-Ange.
- Une position de vie, qu’est-ce cela encore, et négative en plus, bougonne Bardo
- Quelqu’un a théorisé sur les positions que nous avions dans la vie. Je te donne un exemple : lorsque tu avais ta carapace, tu te sentais plutôt fort, positif, non ?
- Oui, j’étais même le chef du groupe de langoustes, dit-il avec beaucoup de fierté et de nostalgie mêlées.
- Tu étais en position de vie positive (+). En fonction de la façon dont tu perçois les autres, ton entourage, négativement ou positivement, ton comportement est différent. Si tu es en position dominante, en « pouvoir sur » les autres, tu considères l’autre en négatif (-). Ta position de vie est donc (+-). Par contre, si tu considères l’autre de façon positive comme un égal, en « pouvoir pour », tu es en position de vie (++).
Je t’avoue que c’est ma préférée car si on prenait conscience que c’est la meilleure façon de se comporter, le monde serait beaucoup plus beau !
Un silence s'installe, tout en continuant à cheminer, Bado laisse ces dernières paroles faire écho en lui.

- Ah, je commence à comprendre, l’impact de la perte de ma carapace est bien plus profond que ce que je pouvais imaginer. Même mon comportement change, ma façon d’être…. D’une position positive à l’extrême, je passe d’une position négative à l’extrême…. Le seul changement, c’est ma carapace !!! Mais tu comprends, ce changement n’est pas anodin, il impacte toute ma vie, si on y réfléchit. Tu te rends compte que je suis terrifié, j’avance en terrain inconnu….
La prise de conscience est difficile et douloureuse à cet instant.

- Tu sais certains pensent qu’on ne peut continuer à avancer sur le chemin, si personne ne nous tend la main au bon moment. Je crois que c’est le bon moment pour toi. Si tu me fais la confiance de me suivre, nous pourrons échanger avec le plus de vérité, le plus de considération possible, je t’écouterai des plus attentivement. Et enfin, si tu te sens fragile, je serai là pour t’aider, tu pourras t’appuyer et compter sur moi. Ce qui veut dire, que je te guiderai sur le chemin, en t’évitant les pièges, les dangers, en disant NON, pas par là. Ce sera ta Protection !- C’est exactement le rôle que j’avais lorsque j’étais à la tête de ma troupe, je les protégeais, dit Bardo tout heureux de sa découverte.
- Oui, tu vois, tu avais déjà compris l’importance de la Protection. Ensuite il faut que des Permissions soient accordées sinon tu restes en « pouvoir sur », lui explique Poisson-Ange.
- Mais comment autoriser, permettre, c’est le début du désordre, de l’anarchie. Le chef perd son autorité !- Si en lieu et place de la Protection, on y voit un cadre, il peut être permis de « naviguer » dans ce cadre.
- Peux-tu me donner un exemple, s’il te plaît, afin de m’éclairer un peu, demande Bardo
- Toi, en tant que langouste, tu sais que tu ne peux pas nager, tu sais que marcher comporte des risques. Tu vois, ce sont les restrictions qui font ton cadre de vie.- Oui, mais je suis doté de 10 pattes, de longues antennes et d’une carapace. C’est ce qui me permet de vivre et de survivre dans ce milieu marin.
- Exactement, tu vois, c’est cela les Permissions. Si ces 2 conditions sont respectées, tu te développes rapidement, avec succès.

- Oui, il est vrai, tant que toutes ces conditions étaient réunies, c’était le bonheur, le groupe grandissait, chacun pouvait s’épanouir, avoir des petits. Bref, on était en plein développement.
- Oui, c’est le 3ème paramètre, la Puissance.
- Je commence à mieux comprendre maintenant. Ayant perdu ma carapace, un paramètre est modifié, tous les autres bougent également. Le monde dans lequel je vis n’a pas changé, les risques sont les mêmes, mais je n’ai plus tous les éléments qui me permettent de survivre. Donc le développement n’est plus là. C’est bien cela, Poisson-Ange ?
- Oui, c’est bien cela. C’est pour ça qu’il est nécessaire de réunir à nouveau ces 3 conditions. Alors ta méta-morphose sera encore plus puissante et radicale.
-
Mais comment retrouver ces 3 conditions, si ce n’est en reconstituant ma carapace ? demande avec inquiétude Bardo.
- C’est le chemin de ta Méta-morphose. Ce chemin, cher Bardo, est fait de choix, de renoncement, de deuils, de joies, de larmes, de bonheur…Es-tu prêts pour continuer ta Méta-morphose ?
- A dire vrai, je ne sais pas si je suis prêt pour tout ce chemin, mais je sais que j’ai envie de te suivre, de continuer à apprendre avec toi…. Tu me fais du bien, c’est bizarre, mais tu dégages une sorte de douceur, de calme, de sérénité…. Oui, je prends la main que tu me tends, et je t’en remercie vivement, lui répond avec sincérité Bardo.

- Ok, répond Poisson-Ange, tu viens de faire le choix de renoncer à ta carapace, dont il te faut en faire le deuil, au moins provisoirement, es-tu d’accord avec ça ?
- Oui, mais le mot « deuil », n’est-il pas un peu fort tout de même ?
lui demande Bardo

- Tu crois ? Je vais t’expliquer comment se passe un processus de deuil. On le décompose en 5 étapes : le déni. As-tu eu le sentiment de nier, même un peu, la situation ?
- Un bref instant, oui, j’ai voulu oublier ma vulnérabilité, mais je me suis vite rendu à l’évidence, je ne pouvais pas nier cet état de fait.
- Hum !!! Voyons la suite. N’as-tu pas ressenti de la colère fasse à cette situation nouvelle ?
- Je crains que oui, effectivement. Cela veut dire que j’ai déjà commencé le processus du deuil ?
Questionne la langouste.

- En effet, le processus du deuil a débuté, dès lors où tu as perdu ton exosquelette. Maintenant, c’est en toute conscience que tu vas faire le choix de devenir un autre, d’accepter de te révéler à toi-même ! Le changement implique que tu renonces à ton ancien état.
- Mais, mais, je ne peux pas renoncer à ce que je suis, n’y a –t-il donc pas d’autres possibilités ? Attendre que ma carapace repousse par exemple, me trouver un abri, trouver une coquille vide ; j’ai entendu dire que certains animaux arrivaient à vivre toute une vie en étant « locataires » des coquilles d’autrui. Tu sais, si nous cherchons, je suis sûr que nous trouverons des solutions et créatives de surcroît !
Commence à négocier Bardo.

- Qu’essaies-tu de faire ? Tu en as conscience ?
Bardo réfléchit quelques instants. Non, il ne voit pas… puis il repense aux étapes du deuil. La première le Déni, la seconde la Colère…

- Je comprends, c’est la troisième étape du deuil. Le fait de négocier, de ne pas se satisfaire de la situation, d’essayer de trouver des parades, c’est bien cela, hein ? Questionne la langouste.
- Oui, c’est cela, tu l’as trouvé. On l’appelle dans notre jargon le marchandage.
- Si je comprends bien, cela veut dire que je dois véritablement renoncer à mon ancien état, à mon statut de chef, à ma force, à mon invulnérabilité, à qui je suis, ou plutôt, qui j’étais…. C’est dommage, car cette vie-là me plaisait, je n’avais aucunement envie de changer, moi !!!! Et tu crois que je vais pouvoir vivre longtemps sans carapace, sans protection ? A quoi bon continuer le chemin, c’est tout simplement la fin pour moi, autant se l’avouer de suite et attendre que la fin vienne,
se lamente Bardo.

Poisson Ange est triste, tout autant que son protégé. Mais, il sait que la délivrance est proche. La quatrième étape, la tristesse, est en train d’être évacuée. Il sait combien cette étape est cruciale et décisive, mais également douloureuse. En douceur, il s’approche de la langouste blessée et lui dit, comme pour le consoler, l’apaiser :

- Il est vrai que c’est un parcours difficile, je comprends ta peine, ta douleur. Tu as le droit de pleurer, tu sais, c’est normal lorsque l’on fait un tel cheminement.
Il attend quelques instants, que Bardo se calme et reprenne ses esprits. Il sait que les larmes sont salvatrices, sa mère lui disait souvent que les larmes lavaient ses yeux, comme ils sont le reflet de l’âme, en pleurant, c’est son âme qu’il lave.

- As-tu besoin de quelque chose ? demande Poisson-Ange
- Oui, mais je suis partagé ; d’un côté j’aimerai rester seul et d’un autre, je suis bien avec toi, confortable… A vrai dire, j’ai envie de continuer de passer toutes ces étapes, je sens que c’est nécessaire, voire même vital pour moi. Et j’ai besoin que tu continues de m’accompagner dans ma Méta-morphose. Je sais que je ne serai plus le même qu’avant, et je prends conscience que c’est mieux ainsi. Tu m’as expliqué les positions de vie, et j’avoue de pas être fier d’avoir été en position de domination, de pouvoir sur. J’ai envie d’être différent, d’être meilleur. Tout ce que tu m’apportes m’aide à changer.
- C’est très bien, mon cher Bardo, tu es un champion ! Tu vois, tu es dans la 5ème et dernière étape du processus de deuil…

Bardo l’interrompt…

- Effectivement, je vois, perçois les choses différemment. Même moi, je me sens déjà différent…. C’est fabuleux !!! Cette étape, ce ne serait pas l’acceptation, par hasard ?- C’est exact, tu progresses, jeune Padawan !!! le félicite Poisson-Ange.
- Mais, qu’y a-t-il après le Deuil, comment vais-je faire pour être autre, pour changer encore plus ?
- Que te manque-t-il pour aboutir à être différent, de quoi as-tu besoin ?
demande Poisson-Ange.

- J’ai besoin de me sentir en sécurité. Oui, c’est ça, c’est d’ailleurs ce que tu m’apportes, la sécurité, constate t-il.
- Et si je n’étais pas à tes côtés, comment ferais-tu pour te sentir en sécurité ?

Quelle question ! Mais Bardo commençait à s’accoutumer à cette façon de faire. Poisson-Ange lui donne de moins en moins les réponses, il le laisse chercher… Certes, c’est plus difficile, mais le jeu en vaut la chandelle, car quelle joie que de trouver la solution, ou de s’en rapprocher de très près. C’est très jouissif ! Est-ce là la clé ?! Pouvoir s’assumer seul, surmonter les difficultés, les changements, les méta-morphoses ?

- En fait, il faut que je puisse trouver en moi la force intérieure que je n’ai plus à l’extérieure, non ? demande Bardo
- Très bien !!! Et comment tu peux trouver cette force intérieure ?
- En devenant INDEPENDANT ! J’ai été dépendant de ma carapace, de ma situation de chef de groupe. Puis, ne pouvant assumer ma nouvelle situation seul, j’ai commencé à devenir dépendant de toi… Même si c’est confortable, je n’ai pas envie de cette situation. Comprends-moi bien, je suis reconnaissant de toute l’aide que tu m’as apportée, de ta patience, de ta bienveillance envers moi, mais je crois qu’il faut que je grandisse !
Affirme Bardo.

- Je suis d’accord avec toi, à ceci près, qu’il ne faut pas confondre l’indépendance et l’autonomie. L’indépendance n’est qu’une étape de l’autonomie. Un personne autonome a une pleine conscience de qui elle est, de sa valeur, et c’est cela qui lui permet de réaliser totalement son potentiel. Avant d’être autonome, un être doit passer par 4 étapes, qui sont la dépendance, la contre-dépendance, l’indépendance et enfin l’interdépendance. Comme tu le vois, l’indépendance n’est qu’une étape pour accéder à l’autonomie !
- Oui, je vois ce que tu veux dire, mais ces 4 étapes, c’est bizarre, c’est la première fois que j’en entends parler. Peux-tu me donner des exemples, s’il te plaît ?
- Bien volontiers ! Si on prend les étapes de la vie, lorsque tu étais un bébé langouste, tu étais dépendant de tes parents qui te nourrissaient, qui te protégeaient, qui s’occupaient de toi. Puis, tu as commencé à t’opposer à eux, à chercher ton identité, qui tu étais. C’est la période de l’adolescence. La 3ème étape, lorsque tu deviens un jeune adulte qui débute dans la vie, qui constitue son identité, c’est l’indépendance. Et enfin, la dernière étape, celle de l’interdépendance. Au moment, où tu peux prendre en charge une autre personne, sans perdre ton identité. C’est ce que vive les parents avec leurs enfants.
- C’est beaucoup plus clair. Mais j’ai le sentiment que tu as édulcoré le concept, qu’il est plus complexe en réalité ? A bien y réfléchir, on passe et repasse par ces différentes étapes plusieurs fois dans notre vie. Regarde, lorsque j’avais encore ma fameuse carapace, j’étais Interdépendant, en quelque sorte, donc autonome. Après avoir perdu ce composant, je suis devenu dépendant, comme un petit enfant,
prend conscience la langouste.

- Effectivement, tu étais dépendant. Mon but est que tu deviennes de plus en plus autonome. A quelle étape penses-tu te situer actuellement ?
- Voyons, après la dépendance, je suis passé par la contre-dépendance, je m’opposais volontiers à toi, à ce que tu me disais et avec violence et colère. Je ne me sens pas encore dans l’interdépendance, capable de prendre en charge quelqu’un comme tu as pu le faire avec moi. Donc, je pense que je suis dans la phase d’Indépendance.
- Exact, lui confirme Poisson-Ange. Que te faut-il pour accéder à l’autonomie, a ton avis ?
- Tout à l’heure nous avons abordé le sujet de la force intérieure, de la sécurité. J’ai le sentiment que ce qui était dur à l’extérieur doit être fortifié à l’intérieur, maintenant. Que ma survie en dépend, mais aussi la méta-morphose ne sera complète que lorsque j’aurais cette force en moi. Comment la trouver, peux-tu m’aider, sil te plaît ?
- Peux-tu me dire qui tu es actuellement ?
-
Qui je suis…. Je crois que le problème est là justement, car je ne sais pas encore qui je suis. Je ne suis plus une langouste, tant extérieurement qu’intérieurement, je ne suis plus un chef de troupe, je ne pourrais plus être comme avant, quoi il arrive. Mais il me faut franchir une autre étape avant d’être sûre de qui je suis.
- Je te pose la question différemment : qui aimerais-tu être dans ton idéal ?
- Sans hésitation, j’aimerai être comme toi, ne pas avoir besoin de carapace, ne pas subir les contraintes de la marche….Plus précisément, j’aimerai que tes « plus » deviennent aussi les miens !!!
- Et qu’est-ce qui t’en empêche ?
- Presque rien, en fait !!! Mais j’ai besoin de reconstruire mon exosquelette mais à l’intérieur cette fois, comme to ! Ta « carapace » n’est pas visible mais elle te permet de te tenir droit, ce qui n’est pas encore mon cas !

- C’est pour ça qu’il est nécessaire que tu soit acteur et créateur de ton identité ! Il me semble que tu as surmonté beaucoup de tes peurs depuis le début de notre cheminement ?
- C’est vrai, j’avoue que je ne pense plus aux dangers, à ce qui pourrait arriver de pire… En fait la peur nous dévore de l’intérieur si elle n’est pas canalisée. Alors, que maîtrisée, elle laisse de la place pour… la confiance !
- Tu dirais donc que tu as plus de confiance ?
- Oui, j’ai confiance en moi, de plus en plus, j’ai confiance en toi. Par ta présence douce, réconfortante, par ton aide, par tout ce que tu m’apportes et aussi et surtout par tes encouragements depuis le début. En fait, tu m’as aidé à augmenter ma confiance en moi en me faisant confiance de prime abord sur ma capacité à évoluer, à me remettre en cause. C’est grâce à cela que j’ai eu envie de te suivre, d’apprendre, de grandir ! Et puis, tu n’as jamais baissé les bras, tu as continuer à me donner ce qui pouvait me permettre d’avance, simplement parce que tu reconnaissais mes capacités. Il me semble que c’est précieux, car très rare de nos jours.
- Mon jeune Padawan, tu me combles de joie et de bonheur, tu prends ton envol, ta création identitaire est en très, très bonne voie. Je ne peux que te complimenter pour cette vision et cette compréhension. Tu as bien compris que la confiance était primordiale, tant pour soi-même, que pour les autres, et aussi qu’il est important de montrer les signes qui sont en accord avec cette confiance. J’ai effectivement nourrit ta confiance en continuant à d’expliquer la situation que tu vivais, en te laissant chercher, car j’ai toujours eu foi en toi, en ta capacité à trouver à l’intérieur de toi tes réponses. Ton identité est presque aboutie maintenant.
- Presque !!! Cela veut dire qu’il me manque quelque chose pour aboutir. D’ailleurs je n’en suis pas étonné, car c’est un peu comme si je n’étais pas complet…
-
Allez, je t’aide un peu, quelles sont tes valeurs maintenant ?
- Mes valeurs ? Je ne vois pas ce que cela veut dire ?
- Ah, ces valeurs qui donneront un sens à ta vie, qui fera que TOUT se tiendra en toi !
- Ok, je comprends mieux ! Tu m’en as déjà donné quelques unes que je me suis appropriées : être en « pouvoir pour » les autres, les considérer comme des égaux. Je crois, comme toi, que le monde serait plus beau si chaque individu se comportait ainsi. Etre capable d’accepter la douleur, tant la sienne que celle des autres, et pourquoi pas aider à surmonter cette douleur. Hum, je sèche un peu…
- Tu vois tes valeurs se construisent et je te fais confiance, tu sauras en trouver d’autres… Tu vois, les valeurs sont essentielles à la vie, à l’identité, à la sécurité intérieure. C’est ce à quoi on se raccroche lorsque l’important nous est enlevé. C’est pour cela qu’un homme à écrit un jour « L’essentiel est au cœur de l’important »2.

- C’est comme la quête de son MOI intérieur. Mais cet Essentiel, il n’est pas visible !
- Non, en effet, il n’est pas visible mais ses effets le sont et ça fait une sacrée différence, tu ne crois pas ?
- Est-ce que cet « Essence-ciel » invisible pourrait être une force supérieure en quoi l’on croit ?
- Hum, joli jeu de mot ! Et bien oui, si tu le souhaites, c’est cela. A toi de chercher cet Essentiel et de le faire tien ! Voici ce qui a été écrit sur le sujet :

« Au cœur de chacun, un Champion,
Au cœur du Champion, un Prince
Au cœur du Prince, un « Homme Nouveau »
Au cœur de « l’Homme Nouveau », « l’Esprit Divin. » 2

- Ca me plait vraiment !!!! J’ai l’impression que c’est la réponse à tout ce que je cherchais sans le savoir ! C’est magnifique !
Poisson-Ange sait que sa mission touche à sa fin, que son élève s’est é-levé vers l’Essentiel, qu’il est au cœur de son être intérieur. Bref, il sait qu’il est en chemin, son chemin de Vie !!! Il s’éclipse discrètement pour poursuivre son propre chemin. Il est heureux, cette mission lui a réchauffé le cœur, son « élève » a su se méta-morphoser, et c’était l’objectif qui balisait leur chemin.

Encore tout à ses découvertes, à ses pensées, Bardo, n’a pas vu que son compagnon de route, Poisson-Ange n’était plus là. C’est lorsqu’il lève la tête pour lui adresser un grand Merci qu’il s’aperçoit de sa disparition. Attristé d’abord, il sait que c’est nécessaire et que le cadeau que la vie vient de lui faire ést Pré-Cieux !!! Et puis, Poisson-Ange a d’autres « âmes perdues » à aider, à protéger et à accompagner pour SE trouver !!!

Un sentiment étrange l’envahit. Il se sent serein, heureux, fort de l’intérieur. En fait, il peut presque se tenir droit, seul sans carapace, sans artifice. Il sent qu’un être nouveau voit jour en lui. Son chemin aura une toute autre couleur à présent. Il remercie le ciel, l’univers, Dieu d’avoir mis sur sa route cet Ange gardien.



1- Bardo en Tibétain c’est un état intermédiaire, désigne le passage entre la mort et la Renaissance dans un autre corps
2- Vincent Lenhardt - Responsables porteurs de sens.

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