Plus j'avance dans ma pratique de l'accompagnement, plus je vais vers ma véritable Voie, ma nature : la Créativité !
Pour moi, l'accompagnement est un art où la créativité, la spontanéité ont leur place !
C'est également ce chemin que je souhaite partager avec vous, mes lecteurs !

Quelques Lectures

Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ?
Vers l’intériorité citoyenne.
De
Thomas d’Ansembourg


Ce vendredi 13 mars, j’ai assisté à la conférence donnée par Thomas d’Ansembourg au Salon du bien être et de l’épanouissement à Ancenis. Je voudrais vous faire partager ce moment d’ouverture de cœur, d’esprit, et d’âme.

Tout d’abord, l’auteur nous explique pourquoi il a choisi ce titre ? Parce que il nous est déjà arrivé de nous poser les questions : où cours, où vais-je, à quoi sers-je, dans quelle état j’ère ? etc. Nous courons, nous fuyons… et nous manquons l’essentiel : la vie, la sensation de vie, le sens de la vie.
« Une vie pleine de choses à faire est, parfois, vide de sens »[1]
L’auteur a remarqué qu’il valait mieux se poser les questions fondamentales (qui je suis ?...) avant les questions pratiques (quel métier vais-je faire, combien je gagne, quelle maison acheter ?...), que c’était plus simple que l’inverse. Et pourtant c’est ce que nous faisons généralement.
Et c’est souvent dans la douleur que la prise de conscience se fait et que le changement est entrepris et accepté.
« La fuite et la course sont un piège dont nous ne sortirons pas par l’extérieur. »[2]

Puis, il nous explique l’intériorité citoyenne : 2 mots qui, à première vue n’ont rien à faire ensemble, qui s’opposent même.
L’intériorité, c’est plutôt personnel, individuel. L’intériorité, c’est faire recul à l’intérieur de soi. C’est arrêter de faire, de réfléchir, de trouver des solutions… C’est ECOUTER, s’écouter à l’intérieur pour puiser dans nos ressources intimes. C’est pouvoir accéder au puits sans fond de la connaissance.
« Descendre le sceau de la conscience dans l’eau de la connaissance »[3]. Les ressources du changement sont là, à portée de cœur.
Citoyen, c’est collectif.
Mais pourquoi séparer les 2 alors qu’en les rassemblant, c’est aller vers l’unité.

L’auteur prend le parti de défendre l’idée que se changer à l’intérieur peut changer l’extérieur. C’est l’individu qui change le collectif et non le collectif qui change l’individu.
Pour cela, il est nécessaire d’avoir un rapport équitable avec soi-même. Notre intériorité est une sorte de creuset, tel le creuset des alchimistes pour transformer le plomb de la souffrance en l’or de la paix intérieure.


Thomas d’Ansembourg nous donne l’exemple de personnalités telles que Nelson Mandela ou Gandhi qui ont vécu de longues périodes d’intériorités (forcées par des emprisonnements). Ce qui leur a donné une force intérieure, un accès à des connaissances et une ouverture à un autre possible.
Nous avons trop souvent l’habitude de courir à l’extérieur de nous, ce qui donne des sociétés à bout de souffle.

Thomas d’Ansembourg nous explique les 3 points de départ de sa réflexion :

1. Il est nécessaire d’apprendre les outils de l’intériorité dès tout petits, que ce soit quelque chose qui fasse parti de l’enseignement dans les écoles.
2. Il est nécessaire d’apprendre à utiliser notre grande ressource intérieure.
3. Elan de vie : il est nécessaire d’apprendre à trouver le bonheur intérieur à l’abri des intempéries de la vie.

Ce que nous cherchons tous, c’est le bonheur. Mais, la douleur, la souffrance nous divisent, nous morcellent. Faire l’unité en soi, c’est accéder au bonheur, à la cohésion, à la cohérence. Du coup, ce qui m’arrive ne conditionne plus ma vie, mais c’est comment je vis ce qui m’arrive qui me permet d’accéder au bonheur.
Pour cela, il est nécessaire de reprogrammer notre système de pensée, il faut être davantage dans l’ÊTRE. C’est pourquoi le développement personnel est utile et c’est même la clé de la transformation et du développement durable et social. Nous manquons d’accès à notre ressource principale : le prince en nous, notre part divine, l’âme, notre lien avec l’univers…

Exemple de la cloche :
1 – Elle tinte d’un son clair et harmonieux lorsqu’elle est secouée
La cloche est sans entrave, elle-même, et le son peut s’en échapper librement.
2 – Elle tinte mais le son est étouffé
La cloche est à l’intérieur des mains, comparables à des freins, ce qui bloque la propagation du son.
3 – Aucun son ne sort
La cloche est maintenue dans les mains ainsi que la langue ou lebattement, ce qui fait qu’aucun son ne peut s’en échapper.

Si nous sommes unifiés, comme la cloche, nous tintons juste et clair. Mais si nous nous entravons un peu ou totalement, nous n’émettons presque ou plus de son.

L’auteur nous invite à trouver un sens joyeux, jubilant à notre vie en changeant notre rapport à l’intérieur pour changer notre rapport à l’extérieur.

Faire du temps un allié, un ami, et vivre Ici et maintenant, c’est la vacuité. L’ouverture à soi et à l’univers. Etre centré c’est avoir un rapport non violent avec soi-même. La Capacité à se pacifier à l’intérieur, c’est donner un autre modèle au monde.

« Ne confondez pas ce qui est naturel avec ce qui est habituel. »[4]
Nous avons appris, par notre culture, notre éducation, nos systèmes de croyances à juger et à être jugé. De là, nous sommes confrontés en permanence à toutes sortes d’injonctions :
« On n’est pas là pour rigoler…. » et une injonction contradictoire « il faut être heureux avec ce que l’on a… » Ceci crée un tiraillement et peut activer des auto-sabotages. Autant d’enfer-mement dans nos habitudes ! « L’enfer commence ici et maintenant, dès que nous sommes décentrés et que notre unité se trouve divisée. »[5]

Témoignage de Charlotte, 20 ans : « Je suis trop petite pour la puissance de vie qui coule en moi. » Cette jeune femme voulait être artiste peintre et voulait faire de l’humanitaire pour les plus désœuvrés. Dans une logique binaire, c’était l’un ou l’autre, ce qui divisait Charlotte. Dès qu’elle est entrée dans son intériorité, dans son unité, la logique d’exclusion a disparut. Elle a pu composer avec ces 2 pôles importants pour elle et est devenue Art-thérapeute. « L’intériorité a sauvé Charlotte et lui permet d’accompagner des dizaine d’enfants en souffrance… »[6]
Charlotte est sortie de son enfer-mement pour entrer dans l’ouverture.
Pour entrer dans l’ouvert-ure, il n’est pas seulement nécessaire de faire une thérapie, mais cela peut être impulsé par un changement de cadre, de quitter nos références et notre enfer-mement.
Témoignage de Michel, 17 ans : « Je voudrais être un homme merveilleux. »
Ce jeune garçon, dont le comportement pouvait être qualifié d’asocial rendait la vie du groupe difficile. Malgré cela, c’est lui qui sollicita Thomas d’Ansembourg de continuer ses lectures lors des bivouacs dans le désert. Michel était touché par la beauté des mots, des images, la douceur des sons, le recueillement de ses camarades avec lui. « C’est notamment en goûtant des moments de recul et d’intériorité que Michel a pur prendre conscience ou du moins ressentir le bénéfice de la pensée complémentaire qui, elle, conjugue des propositions différentes : « je peux me sentir unique, spécifique et je peux appartenir à un groupe. Je peux être avec les autres sans cesser d’être moi-même . »[7]
Amour, Respect, Sens et Sensation. Nous avons besoin d’être accueilli, respecté, aimé sans jugement pour ce que nous sommes et non pour ce que nous faisons ou ce que nous devrions faire !

Le tout n’est pas toujours la somme des parties.
Descartes a démontré, en son temps, que les parties expliquent totalement le Tout et le Tout est l’exacte somme de ses parties. Cela vaut pour une horloge par exemple. Si on la démonte, on retrouve toutes les pièces(les parties) et en la remontant, on retrouve l’horloge (le tout). Cela vaut pour un système compliqué. Mais pour un système complexe, le tout est plus que la somme de ses parties. Et plus il est complexe, plus son tout dépasse de loin ses parties. Exemple : pour une mayonnaise, vous avez un œuf, de la moutarde et de l’huile. Lorsque vous les mélangez pour obtenir un tout, vous ne pouvez plus les séparer. Mais vous avez un résultat autre que les éléments de départ.
« Pensée cartésienne et vision mécaniciste de l’univers ont ainsi posé les bases d’une culture où prévalent les impressions d’isolement, de déconnexion et de non appartenance. »[8]

Temps nouveaux, conscience nouvelle.
Nous entrons dans une ère nouvelle avec une conscience nouvelle : « Plus nous éveillons notre conscience, plus nous pacifions le monde ». « Etre soi-même un point d’acupuncture réactivant un corps social. »[9]
Sous l’impulsion de Sri Sri Ravi Shankar, maître spirituel indien, le parlement européen a médité le 3 décembre 2007. Plus de 500 personnes, de nationalités différentes, se sont assises, silencieuses, les yeux fermés durant 15 minutes.

Nous entrons dans une période de changement, de grand changement. C’est l’entrée dans l’âge noétique. Ces périodes sont un peu chaotiques. Le savoir permet de mieux comprendre et accepter le processus. Teilhard de Chardin avait appelé la noosphère, la couche abstraite « faite de connaissances autonomes et reliées entre elles par des réseaux infinis. » Le monde est inspiré et interconnecté et que les informations et les connaissances y circulent. C’est ce que la physique quantique a découvert.

Rupert Sheldrake développe les champs morphiques ; ce sont des régions d'influence non matérielles s'étendant dans l'espace et se prolongeant dans le temps.
« La plupart des biologistes du développement acceptent la notion d’une conception holistique ou intégrative de l’organisation de la vie. Autrement la biologie pataugerait dans un océan de données… »[10]
Exemple des mésanges et des bouteilles de lait.
Des bouteilles de lait frais déposées sur le seuil des maisons dans les villages anglais. Une mésange compris qu’un coup de bec dans le couvercle d’aluminium permettait de se délecter de la crème à la surface du lait. Ce comportement s’est répandu aux alentours puis subitement à toute l’Angleterre et cela à une vitesse que le mimétisme et l’apprentissage ne peuvent expliquer. Visiblement, l’information était passée de conscience à conscience par d’autres canaux que les sens officiellement répertoriés.
L’histoire du centième singe ou de l’effet de la masse critique.
C’est Une expérience dans les années 50 sur des singes par scientifiques qui donnaient des patates douces à une colonie de singes sur l’archipel d’Okinana Tô. Une jeune femelle lava la patate douce afin de ne pas manger le sable ! Quelques autres singes l’imitèrent mais les plus anciens restaient récalcitrants. De plus en plus de singes adoptèrent par mimétisme et apprentissage ce nouveau comportement, sans que toute la colonie n’y adhère pour autant. Néanmoins, à un certain moment, les scientifiques constatèrent un basculement : tous les singes, même les plus âges et récalcitrants, adoptèrent spontanément le nouveau comportement.
Déduction des scientifiques : lorsqu’un certains nombre d’individus, disons 99 (le nombre exact importe peu) a intégré un nouveau niveau de conscience, dès que le centième individu l’intègre à son tour, toute la communauté « bascule » dans le nouveau palier de conscience. Et autre constatation, c’est que les colonies des iles environnantes adoptèrent systématiquement le même comportement sans possibilité de contact.

Ce sont 2 illustrations de la notion de masse critique. Et cela va dans le sens de ce que Thomas d’Ansembourg développe dans son livre : « notre ouverture de conscience individuelle est la clé de l’ouverture de conscience collective. »

Il y a bien d’autres exemples, dont celui du travail sur l’eau du Dr Masaru Emoto. Il a mis des étiquettes avec des mots positifs tels que Amour, Paix, confiance etc, ou des mots négatifs tels que Haine, désespoir, souffrance sur des flacons d’eau qu’il a ensuite congelés. Le résultat : les cristaux des flacons avec les mots positifs étaient beaux, harmonieux, alors que les cristaux des flacons avec les mots négatifs étaient informes. Ceci nous démontre la mémoire de l’eau. Mais comment l’eau a-t-elle pu « capter » l’énergie positive ou négative des mots ? La réponse se trouve dans les champs morphiques, l’émission et la transmission d’information par la pensée et l’intention.
« Puisque nous sommes à 90 % composés d’eau, nous pouvons mieux comprendre l’impact de notre ton de voix et de nos intentions dans nos rapports quotidiens : diffusons-nous un état d’être aimant et bienveillant ? »[11]

Ces temps nouveaux impliquent de nouveaux choix. Une enquête menée par les sociologues Paul Ray et Sherry Anderson révèle que tout un groupe culturel aux convictions et aux valeurs particulières représentent 25 à 30 % des populations adultes aux USA et en Europe. L’émergence des créateurs de culture, Les créatifs culturels, tel est leur nom, un peu comme une 3ème voie possible permettant de sortir de la pensée binaire (exclusion, logique du OU), pour une conjonction, logique du ET. Is sont en train de créer une nouvelle culture pour le 21ème siècle.
« Devenons nous-mêmes le changement que nous voulons voir dans le monde. »[12]

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié la créativité, l’humilité de Thomas d’Ansembourg. Rarement, j’ai pu ressentir autant de vivant, de lien et d’authenticité dans une conférence. Les mots coulaient de source et me transportaient dans leur flot de sincérité et d’élan de vie. Pour ceux qui n’avaient pas encore lu le livre, cet « amuse-bouche » les a sûrement mis en apétit. Pour les autres, comme moi, qui ont lu le livre, la congruence et la limpidité de l’auteur lui donne du corps, de la « matière à réflexion » encore plus et une dimension supplémentaire : l’Âme.

Bonne lecture !!! Bon voyage dans votre intériorité !!!

[1] Thomas d’Ansembourg – Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne
[2] Thomas d’Ansembourg – Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne
[3] Thomas d’Ansembourg – Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne
[4] Gandhi
[5] Thomas d’Ansembourg – Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne
[6] Thomas d’Ansembourg – Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne
[7] Thomas d’Ansembourg – Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne
[8] Thomas d’Ansembourg – Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne
[9] Chrisitane Singer
[10] Rupert Sheldrake
[11] Thomas d’Ansembourg – Qui fuis-je ? Où cours-tu ? A quoi servons-nous ? Vers l’intériorité citoyenne
[12] Réflexion de Gandhi

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